Se lancer dans une FIV (fécondation in vitro) est une aventure longue, riche en émotions et parfois difficile tant physiquement que psychologiquement. Bouleversements hormonaux, effets des médicaments, alternance de phases d’espoir et d’angoisse, emploi du temps bouleversé… Nombreuses sont les raisons qui pourraient vous fragiliser ! Passage en revue des facteurs de stress :

1/ Les premiers examens et leurs résultats

Première étape indispensable avant la FIV : avoir tous ses examens à jour, un dossier complet pour mettre en route le protocole, etc. Tout cela peut s’avérer un peu plus long et fastidieux que prévu… C’est une étape difficile car vous avez hâte de pouvoir passer à la suite, et vous appréhendez des résultats qui viendraient contre indiquer ou retarder le projet de FIV.

 

2/ L’organisation de l’agenda

Jongler entre tous les rendez-vous médicaux qu’impliquent une FIV et les caser dans son planning quotidien est une vrai contrainte. Il faut pouvoir réorganiser son agenda, accepter parfois d’avoir moins de vie sociale ou familiale, être moins disponible. De plus le budget se resserre car l’investissement financier n’est pas anodin. Enfin il faut prendre la décision de le dire ou non à son employeur car les répercussions sur l’agenda de travail seront bien visibles.

 

3/ Les traitements hormonaux qui vous chamboulent

Les effets secondaires des traitements liés à une FIV sont nombreux et peuvent avoir une répercussion sur votre état moral : nausées, migraines, prise de poids, irritabilité, bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, baisse de libido, hypersensibilité. Si ces effets vous pèsent beaucoup, il faut les partager avec votre médecin et avec votre conjoint bien sûr qu’il sache à quoi s’attendre ! 

 

4/ Les rapports sexuels sur commande

Une FIV implique d’avoir des rapports sexuels à la demande, à des moments précis (au milieu du cycle souvent). Cette nouvelle façon d’envisager le sexe peut se révéler frustrante car l’un de vous deux peut ne pas être disponible au moment opportun : travail, déplacement, humeur contraire… Surtout, la pratique sexuelle peut perdre de sa spontanéité et devenir un acte mécanique, un devoir à remplir. De plus, la pression à ce moment peut être si importante qu’il arrive que votre compagnon soit confronté à des problèmes d’érection ou d’éjaculation.

 

5/ Les étapes de la FIV plus nombreuses que ce qu’on imagine

Les étapes à suivre sont nombreuses :

  • La mise en route des traitements de stimulation ovarienne.
  • La surveillance par échographie et prise de sang toutes les 48h au cabinet du gynécologue afin de vérifier que le traitement fonctionne. En effet le premier traitement choisi par votre médecin pour la stimulation n’est hélas pas forcément le bon. Première attente et premières angoisses : trouver le bon traitement, se rendre aux nombreux rendez-vous, attendre d’avoir les fameux cinq ovocytes requis pour la ponction…
  • La ponction d’ovocytes : ça y est la première étape est franchie ! Vous pouvez vous rendre à la ponction ovocytaire, au bloc, sous anesthésie générale la plupart du temps, c’est une intervention brève.
  • Nouvelle attente ensuite, les ovocytes prélevés sont mis en fécondation avec le sperme, et il faut attendre de savoir combien d’ovocytes seront fécondés !
  • Mise en culture des embryons : certains ovocytes prélevés seront fécondés, d’autres non. Les ovocytes fécondés sont mis en culture et pourront pour certains donner des embryons. Chaque étape est donc source d’angoisse et d’attente, jusqu’à l’obtention du « Saint Graal » : un ou plusieurs embryons viables !
  • Le transfert : soit il se fait immédiatement, soit les embryons sont congelés pour un transfert ultérieur (selon l’état du col de l’utérus). Dernière ligne droite et dernière attente difficile, surtout après l’agitation des dernières semaines !

 

6/ L’attente et les phases émotionnelles

Il y a plusieurs phases dans cette attente, les quinze jours les plus longs de votre vie, pendant lesquelles vous allez passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel !

Souvent les premières vingt-quatre heures, vous êtes calme, sereine, raisonnable : « j’ai fait tout ce que j’ai pu, laissons faire le destin… ». Hélas, cette phase est de courte durée.

Ensuite vous allez passer par des phases de perpétuelle contradiction. Tout d’abord : « je suis enceinte, c’est certain ! », vous êtes à deux ou trois jours du transfert, vous imaginez l’embryon en train de s’accrocher et vous êtes persuadée que cela ne peut que fonctionner !

Puis très vite, vous passez à l’étape « je ne suis pas enceinte, c’est certain ». Vous êtes de trois à cinq jours du transfert et vous n’avez aucun symptôme, donc forcément cela n’a pas fonctionné ! Du coup que faites-vous ? Vous entrez dans une phase « je cherche partout sur internet ». Vous lisez les forums, les statistiques, des pages et des pages ! Vous en perdez tout libre arbitre et bon sens. Finalement ces recherches sur la toile deviennent tellement anxiogènes que vous vous mettez à boycotter totalement internet.

Vous ne savez plus quoi faire pour vous occuper, la date limite de la prise de sang approche mais est encore loin (3-4 jours) alors comme vous vous souvenez d’avoir lu le cas sur un forum d’une femme en 2009 qui a fait un test urinaire positif J8 après le transfert, alors vous vous lancez dans les tests urinaires à la maison, vous en faites un, puis deux, puis cinq, et ceux-ci s’avèrent négatifs bien sûr…

Vous devenez alors morose, sensible, vous vous apitoyez sur votre sort, avec un fort sentiment d’injustice. Vous êtes convaincue que cela n’a pas fonctionné, et que c’est très injuste, vous avez envie de tout laisser tomber…

Vous arrivez au jour J du test sanguin dans un état proche de l’aliénation 😉 totalement tiraillée par des contradictions : je suis enceinte / je ne suis pas enceinte ; si c’est négatif, j’arrête tout / si c’est négatif, je m’y remets tout de suite ; si ça ne fonctionne pas, c’est le destin/ si ça ne fonctionne pas, c’est ma faute ; etc ; etc ; etc. La liste est longue !

 

7/ Le conjoint et l’entourage

La relation avec le conjoint lors d’une démarche de FIV peut bien sûr se trouver affectée : vous n’êtes plus complètement vous-même, votre agenda change, votre sexualité également comme évoqué plus haut…

De façon plus générale se pose aussi la question de prévenir ou pas l’entourage familial et amical des démarches de FIV. Prévenir pour être comprise, soutenue, entourée, mais cela peut être aussi envahissant, intrusif, jugeant. Chacun y allant de son conseil et commentaire, pas simple de prendre une décision !

Vous ne mentez pas en refusant de vous confier. Néanmoins, si vous choisissez d’en parler à vos proches, sélectionnez bien vos confidents. Il faut pouvoir conserver sa sphère privée et son intimité, surtout à notre époque ou l’exigence de la transparence vient tout balayer. Vous aurez forcément besoin de souffler et de parler à qui vous le souhaitez. Se confier au meilleur ami de votre conjoint n’est pas toujours la solution pour vous vider l’esprit.

Si vous souhaitez parler à des gens qui passent par les mêmes étapes que vous, les forums pourront vous aider. Mais attention à ne pas confondre fiction et réalité, les forums sont un bon complément mais ne remplace pas l’épaule d’une amie fidèle. Sans oublier qu’il ne faut pas négliger ce que pourra vous apporter une personne neutre, professionnelle de l’écoute, avec laquelle il sera possible d’aborder tout ce qui peut émerger tout au long de ce parcours.

Reste aussi la question de prévenir son employeur, car en effet votre agenda est bouleversé, et les périodes d’absentéisme risquent d’être un peu plus fréquentes. En tous cas légalement rien ne vous y oblige bien sûr, et vous pouvez vous organiser pour prendre la plupart de vos rendez-vous médicaux tôt le matin. Vous pouvez aussi en parler à un représentant de votre employeur au sein de la DRH si cela est plus simple pour vous. Tout dépend je pense des rapports que vous entretenez avec votre hiérarchie !

 

Dr Fanny JACQ

 

Crédit photo : Rocknwool

 

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